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Prise de parole #101 – Hello World, bienvenue sur le blog de Banlieue Ouest

Opinions

Prise de parole #101 – Hello World, bienvenue sur le blog de Banlieue Ouest

HELLO WORLD,

Bonjour à toutes et à tous !

 

Bienvenue sur le nouveau blog de Banlieue Ouest. C’est avec beaucoup de fierté que nous ouvrons les portes de cet espace, destiné à l’écriture en provenance directe des réflexions de notre équipe.

 

Il est de mise, lorsqu’une agence ouvre un blog, que celle-ci en profite pour écrire de manière intrinsèque, et plus ou moins explicite, une certaine vision – sa propre vision – de sujets rattachés, de près ou de loin, à son activité. C’est donc dans l’humeur, avec le souci du détail et la liberté d’expression que nous orienterons le nôtre. Nous y aborderons régulièrement des sujets qui nous tiennent à cœur, qu’ils soient proches ou éloignés du monde de la communication, en essayant de toujours mettre les sociétés dans lesquelles nous vivons au centre de ces billets.

 

Pouvoir écrire est une chance, une opportunité que nous, acteurs d’un milieu visible et ô combien hétérogène, délaissons trop souvent. L’écriture n’est pas une solution au buzz. Elle devrait être utilisée avant toute chose pour savoir ce que l’on pense vraiment, et cela avant même de vouloir partager ce que l’on pense. Par là, nous voulons dire que bien souvent, l’accessibilité du support fait que nous réduisons notre démarche à une course à l’audience alors qu’elle doit être en premier lieu utile pour la réflexion de l’auteur. La dictature du référencement, de la viralité ou du positionnement empêche trop souvent d’y voir clair et dirige alors la pensée vers des sujets convenus, voire l’articule dans un format type… Certains diront que ce n’est que communication… Après tout, peu importe. Car l’essentiel, c’est d’écrire. Écrire pour s’exprimer, pour faire connaître, pour commenter, pour argumenter, et favoriser l’échange. Portés par le numérique et des outils toujours plus nombreux, on ne se veut que participatifs, collaboratifs, contributifs… Alors, prenons ce droit de manière concrète ! Montaigne ne disait-il pas : « La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui l’écoute. » Ceci n’a jamais été plus réel qu’aujourd’hui. Ne négligeons pas celui qui écoute au profit de celui qui parle. L’art de convaincre ou de persuader doit être une quête et non un but. Partons de cette démarche simple, car c’est ainsi que l’on fédère. Sans adouber des paroles, lorsque l’on peut être en accord avec certaines, soyons capables de nous approprier une analyse selon une réflexion personnelle. Refusons le « tout cuit », et le plat préparé ou profit d’un tweet qui générera de la viralité par des personnes qui n’ont en tête que leurs propres retweets.

 

Pour notre part, nous ne céderons pas aux sirènes de « ce qui est dans l’actualité », ce que l’on doit absolument exprimer en un temps précis pour intéresser. Ici, nous prendrons le droit de parler de forums ou de Chan IRC si tel est notre souhait. Nous croyons que c’est dans le passé que nous préparons le futur à un moment présent. L’immédiateté a déjà fait son temps. Tous les sujets doivent être étudiés au prisme des usages ou des comportements qui leur sont associés – c’est pour nous une évidence – et non selon une analyse étroite et situationniste, car c’est bien la façon dont nous avons adopté ces usages et comportements qui sera révélatrice de la situation future.

 

Prenons un exemple : pourquoi avons-nous tellement de mal à appréhender ce que représente réellement le numérique dans notre société ? Ne comptez pas sur moi pour vous donner la révélation répondant à tout, mais tout au moins l’une des réponses. Pour cela, remontons à l’étymologie et l’usage d’un mot, traduit de manière incorrecte, qui fait désormais beaucoup de mal tant il est installé. Il s’agit du mot : « virtuel ». Trop souvent associé à « ce qui n’existe pas » dans nos interprétations modernes, ce mot dont l’étymologie virtualis remonte au Moyen Âge (différent de l’origine latine virtus, la vertu), relate en réalité un fait ou une chose n’ayant pas d’existence actuelle mais un « état potentiel susceptible d’actualisation », selon Gilles Deleuze à qui j’emprunte la définition. L’exemple courant pour expliciter ce propos est de dire que l’arbre est virtuel dans la graine qui le porte. Il est potentiellement présent dans cette graine, mais non encore réalité. En cela, l’arbre est donc possible mais non encore actuel. Or, pour ce qui nous concerne, rien n’est plus actuel que le numérique ! Il n’est que le prolongement, une autre dimension concrète de la vie physique, faite de lignes de codes. On emploie à tort le mot « virtuel » pour désigner l’immatériel, quand il devrait être utilisé pour signifier ce qui est possible mais non encore établi. Rien à voir, donc, avec l’Internet en général. Trop souvent, on va même jusqu’à entendre et faire la distinction entre le numérique et la « vraie vie »… Quoi de plus dangereux pour la réelle appréhension et compréhension de ce mot ? Car il n’y a qu’une seule vie. La « vraie vie » n’existe pas, sinon j’aimerais que l’on m’explique ce qu’est la « fausse vie »… Enfin, vingt-quatre ans après la création du World Wide Web, nous avons l’impression de nous apercevoir en France que tout ce que nous faisons sur le Web se traduit bien dans le concret… J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet dans un prochain billet de blog. Nous laissons pour le moment des propos en ces termes.

 

Cette démonstration est l’illustration même du point développé plus haut, à savoir que prendre le temps de l’analyse nécessite de revenir à la source, aux faits, parfois infimes au moment de l’adoption de nos comportements. Pour ce qui est de l’exemple ci-dessus, la preuve en est que l’interprétation d’un mot peut parfois faire beaucoup plus sur la société qu’une technologie… Nous essaierons donc de faire de cette démarche non pas notre ligne éditoriale, mais plutôt notre leitmotiv à l’occasion de ces pages d’écriture.

 

De même que nous sommes conscients d’installer une démarche et une envie qui nous sont propres, nous sommes également conscients de ne pas avoir la science infuse et de ne pas être les seuls à vouloir aller dans cet élan. Voilà pourquoi nous inviterons à des occasions différents contributeurs de multiples horizons afin de diversifier les styles d’écritures et de pouvoir constituer une assemblée portée par un état d’esprit commun. L’important est de donner la parole. Ne pas mettre en scène une seule voix pour exprimer des fondamentaux communs, mais une pluralité afin de soutenir une cause fédératrice.

 

Ce premier article ouvrant les portes du blog de Banlieue Ouest n’est pas un pamphlet ou une série de commandements. Il n’est pas non plus une conclusion hâtive d’un mauvais mémoire de recherche. Il sert avant tout à exprimer un état d’esprit. Notre volonté à prendre du recul sur les choses qui nous entourent. Les écrire pour mieux les comprendre.

 

Comme nous prenons du plaisir dans l’écriture, nous espérons que vous prendrez du plaisir dans la lecture. Ou tout autre sentiment. À vous de l’écrire.

 

Martin pour Banlieue Ouest

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