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Le crowdfunding, un avenir pour les cultures numériques ?

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Le crowdfunding, un avenir pour les cultures numériques ?

Grand absent ou du moins très minimisé du rapport Lescure, le crowdfunding représente désormais une plateforme populaire dans le paysage culturel français. Appelé aussi finance participative, le crowdfunding désigne toutes les plateformes fournissant des outils de transactions financières entre personnes, sans passer par des moyens de financements traditionnels. La force de ces plateformes réside d’ailleurs en l’essence même du concept. Car en mettant en relation directement des personnes physiques, créateurs et investisseurs, les liens créés ne sont pas uniquement basés sur la recherche de profit. Le crowdfunding ne permet pas alors uniquement une levée de fond, mais un moyen de tester une idée auprès des internautes, de faire participer des tiers au projet, de fédérer une communauté, de communiquer sur sa création, mais aussi, en quelque sorte, de pré-vendre son projet.

Exemples

On distingue 2 principales familles sur le modèle de crowdfunding sur le Web. La production communautaire, où les investisseurs sont aussi co-producteurs et reçoivent des royalties à la manière de My Major Company.

La deuxième forme, et la plus populaire du moment, c’est le don. Selon sa participation, le donateur recevra une contrepartie non monétaire, s’articulant directement auprès de la production du produit ou du service. On retrouve parmi ces plateformes, les célèbres Kickstarter, KissKissBankBank, ou Ulule.

Des plateformes de plus en plus utilisées

Jusqu’ici, en France, le succès des plateformes de crowdfunding était assez marginal. En comparaison aux USA, où des projets peuvent lever jusqu’à près de 6 millions de dollars, il était rare qu’un projet atteigne plus de 10 000 euros en France. Mais c’était sans compter sur un projet particulier ayant changé la donne et permis au crowdfunding de dorer ses lettres de noblesse ! Ce projet, c’est Noob, Le Film. Une levée de 250 000 euros en 10 jours, lorsque ce dernier n’en visait que 35 000. Noob, c’est la première Websérie française avec plus de 44 millions de vues. Destinée à une communauté plutôt geek, comme son nom l’indique, cinq saisons ont été autoproduites, connaissant alors un succès triomphant sur le Web. Ont suivi des livres, des BD, des jeux vidéos amateurs, des applis, les créateurs de Noob veulent à présent se lancer dans l’aventure d’un film. Je vous laisse le soin de vous rendre sur la chaine Youtube ou le site Web de ces beaux projets français, afin de constater l’émoi qu’a réussi à susciter ce projet en accord avec son public.

Le directeur d’Ulule est le premier à constater cette évolution de dynamique. D’après Alexandre Boucherot : « On est en train d’assister à un changement d’échelle dans le crowdfunding. Noob vient confirmer le succès ». Un succès naissant et récent car Kickstarter ne date que de 2009 et Ulule de 2010. Il n’empêche que ce dernier ne fait que confirmer son modèle jour après jour. 2500 projets financés, un taux d’aboutissement de plus de 65%. Et pas seulement des projets geek. Des projets paysans, des magazines, des films… Le plus important est avant tout l’idée.

Au service de l’idée

Car c’est bien ici que réside toute la magie du crowdfunding. Une idée n’appartient à personne. Elle nait, grandit, change de forme, aboutit, se transforme, se ringardise, se met à jour, renait, évolue… Chacun d’entre nous peut se passionner pour des projets, peu importe son milieu ou ses domaines de prédilections. La Culture n’est plus consommée de manière descendante, du créateur au spectateur, mais de manière latérale. Agir de cette façon n’est pas anodin et utile simplement pour les créateurs, c’est toute l’industrie culturelle qui en ressortira grandi. En intéressant depuis l’origine du projet, on donne les clés de celui-ci, on arrive à captiver depuis le processus. Et quand on apprend, on donne envie de persévérer. Comme le dit la maxime : ne donne pas un poisson mais apprend à pêcher.

C’est finalement l’effet provoqué par les plateformes collaboratives. Certes, participer au développement d’un projet ne va pas forcément faire naitre une envie créatrice ou entrepreneuse, mais une curiosité, une envie de découvrir, qui placera alors d’autres projets en lumière. Mettez en abyme ce système à l’infini et c’est finalement tout le secteur culturel qui en sortira gagnant.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

Je disais au début de cette chronique, en résonnance à la semaine dernière, que le rapport Lescure n’a que trop peu fait état du financement participatif. La bonne nouvelle est que c’est un sujet à la mode. Deux organismes viennent de publier des rapports à ce sujet. Je vous invite d’ailleurs à aller les consulter.

Mais de plus selon l’agenda politique, Messieurs Moscovici, Montebourg et Madame Pellerin devraient faire des propositions au mois de septembre afin de favoriser le crowdfunding. Espérons que l’hypocrisie culturelle Lescurienne ne prenne pas une nouvelle forme en ce sujet, et que pour une fois on ose l’audace au risque de voir une population renouer avec la culture, et ce, non uniquement dans les musées parisiens.

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