Gardez contact avec nous

Banlieue Ouest – L’Agence, laboratoire de communication – Le Lab

Youtube, futur moteur de la création de la web-création française ?

Classics

Youtube, futur moteur de la création de la web-création française ?

Dans un contexte, où l’on reproche à Google de ne pas payer ses impôts en France, et donc de ne pas participer à la croissance du pays, Youtube lance cette semaine un « nouveau pilier dans son engagement à soutenir la création française ». Cet engagement n’est autre qu’une académie des jeunes talents monté en partenariat avec la SACD. Fondée en 1777 par Beaumarchais, la SACD est l’acronyme de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et s’occupe aujourd’hui de la gestion collective des droits d’auteurs tant auprès des spectacles vivants que dans l’audiovisuel. À l’arrivé de Youtube en France, la SACD n’était pas des plus cordiale avec la plateforme de vidéos en ligne, mais c’est en 2010, après la signature d’un accord de gestion collective de l’offre légale présente sur la plateforme, que les deux acteurs sont devenus amis et présentent aujourd’hui un projet commun, destiné à servir la création française.

Quel est le but de cette académie alors ?

L’académie des jeunes talents vise à donner plus d’importance sur le Web aux courts-métrages, Web-séries et Web-radios relevant des répertoires de la SACD. Il s’agit également pour l’académie de découvrir des nouveaux talents pour la création d’œuvres web natives. Un formidable moyen pour les créateurs selon Christophe Muller, Directeur des Partenariats YouTube, de « trouver des financements et accéder à un espace de diffusion permettant de toucher une large audience ». Un appel à candidature sera donc lancé en janvier 2013 et plusieurs lauréats seront sélectionnés sur la qualité et l’originalité de leurs œuvres ainsi que de leurs projets.

Tout laisse à penser que Youtube est désormais décidé à soutenir la création française. Les nouvelles chaines thématiques en sont d’ailleurs une preuve de plus. Ces 13 chaines, construits comme des chaines de télévisions mais ne disposant pas d’un contenu en flux en continu, proposeront des contenus originaux plutôt courts, tels que des séries, des magazines, des plateaux ou des reportages. Réalisés avec des moyens professionnels, le rendu se veut d’une qualité équivalente à un programme diffusé à la télévision et mis en place afin de tester des concepts et des profils. Neuf des treize chaines sont déjà en ligne. Parmi elles, on retrouve la chaine Rendez-Vous à Paris où des magazines, Web-séries, et autres sketchs autours la capitale française sont produits. Vous pourrez notamment retrouver le podcasteur Ganesh2 ou encore le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Arnauld Champremier Trigano, dans une Web-série sur une agence de communication parisienne… Une autre chaine très attendue par les internautes car proposant un format inédit en France mais qui a fait ses preuves aux USA, est la nouvelle chaine des humoristes du Web, le Studio Bagel. Il ne s’agit pas d’une chaine de cuisine sur Youtube, mais bien d’une thématique pleinement humoristique avec des noms bien connus aux commandes tels que La Ferme Jérôme, Kévin Razy ou encore Mister V, qui produiront entre 3 à 5 vidéos inédites par semaines, à la manière des sites Américains Funny or Die ou College Humor bien connus du public. D’autres chaines thématiques sont également disponibles sur d’autres points très consultés sur le Web tels que la cuisine avec Let’s Cook, la médecine avec Doctissimo Play ou encore la musique avec Taratata On Air.

Compter sur Youtube afin d’accéder à des contenus originaux.

Youtube s’installe désormais en réelle alternative à la télévision, et l’Internet de manière encore plus importante lorsque que l’on ajoute les programmes de VOD, de replay et des Web-TV. Selon l’organisme Médiamétrie, Youtube c’est 28 millions de visiteurs uniques par mois en France. Le potentiel est donc énorme pour les ces créateurs de contenus qui en plus de bénéficier d’une large plateforme de diffusion ciblée leurs donne également une plus grande liberté éditoriale qu’à la télévision. Ces derniers ne doivent en effet que respecter la charte Youtube. Il y a donc de quoi imaginer des concepts de divertissement entièrement originaux, impossible à faire à la télévision classique.

Désormais pour exister, faut-il être absolument sur Youtube ?

Pas loin. D’ailleurs, la visibilité dont dispose Youtube n’est plus à démontrer. Quand on sait que beaucoup d’artistes se sont fait connaître uniquement via la plateforme et qu’ils détiennent désormais une notoriété internationale. Parce que oui, une autre annonce de la plus haute importance a été faite cette semaine. Une annonce témoin de la puissance de l’Internet dans notre société, capable de ressusciter à lui tout seul tout le fanatisme que les jeunes filles vouaient à Mike Brandt, n’en déplaise aux réac premiers degrés, je veux bien évidemment parler de Psy et de son Gangnam Style, devenus la vidéo la plus vue sur Youtube. En 4 mois, Gangnam Style a détrôné les 803 millions de vues du clip Baby de Justin Bieber avec 805 millions de vues au compteur pour le sud-coréen. Pour vous donner un ordre d’idées, la vidéo de la danse du cheval est visionnée entre 7 et 10 millions de fois par jour. Après avoir reçu le records de « j’aime » sur Youtube la vidéo devient donc la plus vue de tout les temps sur le Web.

Pourquoi un tel succès pour cette vidéo ?

Outre le caractère comique, la chorégraphie et la musique qui ferait remuer n’importe quel péquin aviné à une heure tardive, pourquoi cette vidéo généra-t-elle un pareil phénomène ? Juste pour replacer les choses dans le contexte, le Gangnam c’est en fait le quartier le plus riche de Séoul, 35km2 pour 7% du PIB de la Corée, où beaucoup de fortunés vivent. La chanson est en fait une moquerie des toutes ces personnes âgées envieront d’une trentaine d’années, que l’on appelle « Opa » signifiant littéralement « grand frère », qui vont draguer des jeunes filles dans les bars en mettant en avant leur argent… Donc, par son coté purement parodique, la vidéo est devenu un meme avant de devenir un succès dans les charts contrairement à ce qu’il se fait d’habitude. Mais la raison principale, selon la théorie de Calimaq sur Owni que je partage, et qui explique pourquoi cette vidéo est un tel succès, est que Psy et son label YG ont été très souple avec les droits d’auteurs. Toutes les reprises de la vidéo, ou de la chorégraphie auraient pu faire l’objet d’oppositions à la reproduction. Mais le Coréen décida de faire tout l’inverse pour que chaque créateur puisse être libre d’utiliser la vidéo comme bon lui semble. Et là où cette liberté profita au Gangnam Style, c’est bien par l’absence de Creative Communs sur Youtube. Ces derniers sont en fait l’algorithme permettant de repérer des contenus protégés et de les supprimer automatiquement si les dépositaires de la vidéo n’ont pas donnés leur accord. Dans notre cas, chaque vidéo reproduite par les internautes est donc autorisée. Et là où c’est très intelligent de la par de YG, c’est que Youtube malgré l’absence de Creative Communs, verse malgré tout des droits d’auteurs à la maison de disque pour chaque vidéo reproduites. On estimait il y a quelques mois à 1,5 million de dollars de recette pour la maison de disque. Les internautes sont donc totalement libres quand à l’exploitation du Gangnam Style, Youtube riche de la publicité de la vidéo, YG riche des recettes de Youtube et Psy mondialement connu par la viralité de sa vidéo et de ses memes. Alors quand on réfléchi à ce mode de fonctionnement, on peut complètement imaginer finalement une sorte de License globale, où le droits d’auteurs seraient assouplis et où de nouveau modes de financements gagnants-gagnants seraient mis en place.

Quand le Gangnam Style pose en exemple une nouvelle forme de gestion des droits d’auteurs sur Internet, on peut donner plus de crédit qu’une simple danse du cheval à cette vidéo. Youtube semble également l’avoir bien compris et c’est également pour cela que la plateforme souhaite tellement désormais favoriser la création. On pourrait alors tous s’écrier d’une large voix commune, « Hadopi ? Meme pas peur ! ».

Continuer la lecture
Vous aimerez aussi
Cliquez ici pour commenter

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus sur Classics

Remonter en haut